Un engagement climatique sans précédent sur le système alimentaire a été signé par 134 pays lors de la COP28, mais des points importants ont été laissés de côté.
La déclaration reconnaît que toute voie permettant d’atteindre les objectifs climatiques doit passer par l’alimentation et l’agriculture. Actuellement, les systèmes alimentaires sont parmi les principaux émetteurs de gaz à effet de serre (GES) : au niveau mondial, ils représentent un tiers des émissions.
Cependant, il ne mentionne pas l’élimination progressive des énergies fossiles dans la production alimentaire et la transition écologique dans l’agriculture, deux points cruciaux pour contribuer à atténuer la crise climatique.
Aujourd’hui, le système agricole prédominant repose sur l’utilisation massive de pesticides qui, en plus de nuire à la santé et à la biodiversité, aggravent le réchauffement climatique. Les systèmes agroécologiques n’utilisent pas de poison, préservent l’environnement, garantissent des relations de travail plus justes et soutiennent les économies solidaires.
Au Brésil, par exemple, l’agroécologie est pratiquée depuis des siècles par les peuples autochtones et les communautés traditionnelles, telles que les quilombolas et les communautés riveraines. La transition écologique dans l’agriculture est donc urgente.
Les effets du changement climatique affectent les régimes de production, la sécurité alimentaire et les revenus des producteurs. Les sécheresses et les inondations détruisent les récoltes et les infrastructures agricoles. L’élévation du niveau de la mer fait pénétrer l’eau salée dans les eaux souterraines, augmentant ainsi la salinité des sols, ce qui entraîne une réduction des rendements agricoles et une augmentation des coûts de production. Les effets de cette situation sont déjà visibles dans le pays hôte de la COP28.
Déclaration de la COP28 sur l'agriculture durable, les systèmes alimentaires résilients et l'action climatique
- Pour la première fois depuis le début de la conférence annuelle en 1995, l'alimentation et l'agriculture ont occupé le devant de la scène ;
- Les 134 pays signataires représentent 5,7 milliards de personnes, 701 TP3T de l’ensemble des aliments et 761 TP3T des émissions totales du système alimentaire ;
- 440 millions d’agriculteurs familiaux sont reconnus comme étant « la clé de la réussite » de la transformation mondiale ;
- Dans la « COP sur le pétrole », la déclaration ne mentionne pas l'élimination progressive des combustibles fossiles dans la production alimentaire ;
- Bien que l’objectif soit de promouvoir l’équilibre climatique et la sécurité alimentaire et nutritionnelle, le texte ne met pas en avant la transition écologique dans l’agriculture ;
- Il doit reconnaître l’importance de mettre en œuvre des programmes spécifiques d’acquisition, de recherche et d’innovation pour les femmes, les enfants, les jeunes, les peuples autochtones, les petits agriculteurs, les agriculteurs familiaux et les personnes handicapées.